Back dans les bacs

(NB : aujourd’hui je déroge un peu à la ligne édito, si on peut appeler ça comme ça. Mais bon il n’y a rien écrit ici que je n’aurai dit à la machine à café... donc …)

Demain je reprends le boulot. (Veuillez prendre note que suite à l’intervention du Doctor Who, nous sommes déjà demain)

Je reprends le boulot avec une boule au ventre et presque 2 ans de « pause » inscrits sur mon LinkedIn

Mais surtout je reprends le boulot avec beaucoup de plaisir, car tout comme j’ai choisi de faire cette pause (parce que j’en avais l’opportunité, parce que j’en avais envie), aujourd’hui je choisis de retourner travailler (parce que j’en ai l’opportunité, parce que j’en ai envie)

Mais quelque part c’est presque le choix de la facilité, le choix de la normalité. Je serai comme toutes les mamans me suis-je surprise à dire hier…

Quand j’ai annoncé que je n’allais pas chercher du travail tout de suite en arrivant à Montréal, j’ai fait face à beaucoup d’incompréhension. Des autres femmes…uniquement des femmes. J’allais devenir femme au foyer, je trahissais le cause des femmes en choisissant de ne pas prendre un petit boulot. Alors que pour moi le combat des femmes, de nos mères et grands-mères était là : avoir le choix et ne pas subir le jugement péremptoire des autres sur ce qu’il convient de faire pour être respectable, pour être digne de leur respect.
Et pendant tout ce temps, se sentir l’obligation de justifier point par point mon choix de prendre du temps pour +e, du temps pour moi, pour faire autre chose, pour découvrir cette ville, ses habitats, pour faire des photos, pour dessiner des bibendums, pour faire du bénévolat, et attendre de trouver un poste qui me plaisait vraiment. Et pendant tout ce temps écouter aussi les remarques d’une telle sur ces « mères à gosses » qui vont chercher leurs enfants à la maternelle le midi, les angoisses de telle autre sur la difficulté à accepter de devenir un « parasite », ou encore les craintes d’une troisième à devoir à l’avenir justifier son « inactivité » de quelques années. Et pendant tout ce temps penser à ces femmes actives, souvent avec de « beaux » postes comme on dit, qui font tout de même le choix de devenir mère au foyer, et d’assumer tous les jours leur choix.

J’ai choisi de m’arrêter et ce n’a pas toujours été facile, car travailler, ça m’a beaucoup manqué.

Même si j’ai bien conscience que je ne vais pas sauver des vies, une slide à la fois, même si je sais bien que je ne suis pas forcément plus utile là que lorsque j’instagrame Montréal, que je perfectionne ma recette de meringue à la betterave ou même juste lorsque je change des couches (waste management comme dirais Tony S.)

Comme le dirait Annie G., je ne sais pas si j’ai manqué au monde du travail, mais en tout cas à moi le monde du travail a manqué.

Terriblement

Énormément

Courir chaque jeudi soir faire valider un de devissignéfaxé pour pouvoir booker, ça m’a manqué

Me faire voler la moitié de mon dessert par ma collègue, ça m’a manqué

Expliquer que là, là, sur ce JPG, il y a une forme phallique, ça m’a manqué

Devoir repartir en créa une 3 ème fois parce qu’à la fête de cousin Hub, Tatie Georgette a trouvé que les maquettes faisaient cheap, ça m’a manqué

Devoir repartir en créa une 4 ème fois parce que monsieur business angel qui a fait fortune vendant du vin sur internet trouve que les créas font trop haut de gamme, ça m’a manqué

Apprendre que monsieur little big boss a toujours dit depuis le départ que c’est comme ça qu’il fallait faire et que vraiment on a bien fait de l’écouter à l’insu de son plein gré, ça m’a manqué

Avoir un fou rire à la machine à café en bitchant sur Pipeau & Mytho, ça m’a manqué

Parler à des adultes, ça m’a manqué

Me faire des nœuds au cerveau, ça m’a manqué

Sentir la mauvaise haleine de café de ma voisine de métro, ça m’a manqué

Me plaindre que les week-ends passent trop vite, ça m’a manqué

Apprendre chaque jour de mes collègues, ça m’a manqué

Travailler, ça m’a manqué

Terriblement

Énormément

Passionnément

Demain je reprends le boulot.

Yeah!

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4 thoughts on “Back dans les bacs

    • Alors, Alors…
      J’ai pris un peu de temps pour analyser tout ça. C’est très cool et en même temps un peu déstabilisant. C’est encore tout frais, donc je ne me risquerai pas vraiment à me lancer dans une grande analyse. Mais ce qui est sûr c’est que ça faisait un bon bout que je n’avais pas eu à remplir une feuille de temps et que ça en revanche, ça ne m’avait pas trop manqué !

  1. BRAVO ! Pareil ici, en différent. Le luxe c’est d’avoir le choix !
    Et je suis ravie de voir mon expression préférée, mère à gosses, traverser les océans et faire mouche au Quebec.
    Mais au Quebec dis, les gosses ce ne serait pas aussi les…enfin euh les ..tu vois non ?

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